Les habitants des Sources du Lac ont découvert avec incrédulité que leurs déplacements quotidiens des prochains mois allaient être fortement bouleversés.
En effet, on apprenait dans la torpeur de cet été caniculaire1, que plusieurs routes allaient être fermées sur notre territoire et sur celui de la Communauté de communes des Vallées de Thônes (CCVT) voisine.
Il en est ainsi de la route départementale 909A, entre Doussard et Talloires-Montmin, qui sera intégralement fermée à toute circulation du 14 septembre au 18 décembre, suivi d’une période de circulation alternée qui devrait s’étaler jusqu’au début du mois d’avril 2027.
De même, le défilé de Dingy, sur la route départementale 16, sera interdit à tout trafic à partir du 14 septembre, pour une durée prévisionnelle de 12 semaines, càd jusqu’à début décembre.
À ces fermetures qui vont lourdement affecter les déplacements quotidiens de milliers d’habitants de nos deux communautés de communes, va s’ajouter celle de la Voie verte entre Sevrier et Saint-Jorioz, sur une portion de 2,3 km, pour la 3e phase des travaux d’élargissement, à partir du 1er novembre.
Voilà qui va significativement compliquer la vie des habitants, principalement pour leurs déplacements pendulaires quotidiens (domicile-travail).
Conscients de cette situation, les élus de la CCSLA invitaient les habitants à une réunion publique, jeudi 3 septembre, pour présenter les solutions alternatives mises en place par les collectivités.
Nous nous y sommes évidemment rendus !
Face à une salle noire de monde, la présidente de la CCSLA accompagnée d’Hervé Bourne, vice-président en charge des Mobilités prenaient place sur une estrade, en compagnie de Lionel Tardy vice-président en charge, entre autres, des routes et des mobilités au sein du Département, des deux élus départementaux de notre canton, ainsi que de deux élus régionaux. Gérard Fournier-Bidoz, président de la CCVT avait également fait le déplacement.
Il fallait un certain courage à Hervé Bourne, pour animer cette réunion tout au long de la soirée, face à des centaines de personnes interrogatives, dépitées, souvent en colère devant une situation du fait accompli.
Nous saluons l’initiative des élus de la CCSLA pour avoir organisé cette rencontre, avec comme objectifs, une information la plus large possible et la proposition de solutions pour atténuer les effets de ces fermetures2.
Cependant, on s’interroge sur le silence assourdissant du Département, alors qu’il savait depuis longtemps que ces travaux allaient être effectués et qu’ils impacteraient lourdement les habitants de tout un territoire !
Pourquoi les élus locaux de la CCSLA comme ceux de la CCVT ont-ils été informés si tardivement et pourquoi ont-ils eu tellement de mal à obtenir des informations pratiques de la part du Département ?
Pourquoi ce dernier a-t-il attendu le 23 juillet, soit moins de deux mois avant les fermetures de route, pour annoncer officiellement ces travaux et ses conséquences ?
En effet, il semble que, dans cette affaire, les élus du Conseil Départemental de Haute-Savoie n’ont pas eu comme priorité d’informer les habitants et leurs élus, pour chercher avec eux les solutions susceptibles d’amoindrir les effets de la fermeture des routes.
De leur côté, les élu·e·s de notre communauté de communes ont peut-être inauguré, avec cette réunion publique, une nouvelle ère pour la démocratie locale et la participation des habitants.
Espérons que cette initiative ne restera pas isolée, et que sur notre territoire intercommunal, les élus locaux, conseillés par des techniciens avertis et formés, auront à cœur d’innover en matière de dialogue avec les habitants et d’implication de ces derniers dans les réflexions concernant les sujets essentiels pour nos vies quotidiennes. On pense notamment à la prochaine refonte du Plan Local d’Urbanisme intercommunal.
Et concernant le développement des transports en commun et le soutien à des modes de déplacements autres que la voiture individuelle, cette réunion publique pourrait aussi être un début. On note ainsi les propos de la présidente de la CCSLA, rapportés dans l’édition du Dauphiné Libéré du 6 septembre, espérant « un effet déclencheur pour penser enfin différemment nos mobilités ».
Le jeudi 24 septembre, dix jours après le début des fermetures des routes, les Écocitoyens vous donnent rendez-vous à la Maison des associations de Doussard, pour une soirée Débattons-en ! Les participants pourront exprimer les premiers constats sur les conséquences occasionnées sur leurs déplacements quotidiens ; chacune et chacun pourra témoigner à propos du fonctionnement des solutions alternatives proposées par les collectivités locales. Pour plus d’infos, cliquer sur ce lien…
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Serge Molinari, Étienne Ragot
Conflictualiser, non pour envenimer les choses, mais pour ne pas les mettre sous le tapis…
Conflictualisons ! pour sortir de la violence, tel est le titre d’un article paru sur le blog de L’Université du Nous.
La réunion publique du 3 septembre fera peut-être dire à certaines et certains que c’était une soirée violente. En effet, on a entendu des propos dits avec rudesse, avec colère, on a entendu parfois des huées. En fait, cette réunion fut un temps pour conflictualiser, indispensable pour sortir de la violence.
C’est le silence du Conseil Départemental, ici, et d’autres silences d’élus, d’autres fois, qui est ressenti par de nombreuses personnes comme une violence.
Une multitude d’habitants, reçoit comme une violence d’être écarté de toute possibilité de donner son avis et de participer aux décisions pour des sujets touchant pourtant à son quotidien.
Conflictualiser n’est pas rechercher du conflit dans tout. Conflictualiser, c’est avoir la volonté de sortir par le haut des conflits qui sont inévitables dans une société plurielle, dans laquelle nous sommes des individus différents.
Pour des élus, conflictualiser, c’est ouvrir des lieux et occasions d’expression de ce qui est difficile, pose problème, n’est pas résolu.
On comprend alors que pour favoriser le bien-être et le bien vivre des habitants, leurs représentants dans les collectivités locales (communes, intercommunalités, …) doivent proposer et organiser ces temps où la confrontation et le débat, l’écoute active et la prise en compte des paroles dites, permettent l’expression individuelle et la recherche collective de solutions.
On peut s’intéresser par exemple à l’initiative prise par la Communauté de Communes du Lac d’Aiguebelette de créer, en 2019, un Conseil Citoyen3.
Pour notre association Écocitoyens des Sources du Lac, c’est tout le sens des soirées Débattons en ! que nous proposons régulièrement.
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Étienne Ragot
- Cf.https://hautesavoie.fr/wp-content/uploads/2026/07/CP_point-presse-travaux-rive-est_230726_v2.pdf ↩︎
- Une vidéotransmission en direct était également mise en œuvre, grâce au concours de TV8 Mont-Blanc : https://www.youtube.com/watch?v=iwYKxmvnKn8 ↩︎
- https://ccla.fr/la-communaute-de-communes/conseilcitoyen/ ↩︎