Idées d'ailleurs

À la découverte d’Urbanloop : une solution de transport en commun d’avenir pour notre territoire ?

© Danièle Derail

Il fait encore frais en ce jeudi 2 juillet 2026 à 6h du matin, lorsque le minibus de la commune de Faverges-Seythenex s’arrête pour me récupérer. C’est le maire qui conduit, avec à ses côtés, un conseiller municipal de sa minorité.

À l’arrière, sont installés le maire-adjoint aux solidarités et la présidente de l’association Tram2Savoie (elle-même ancienne élue municipale). Je monte à l’arrière quand le maire de Lathuile, vice-président aux mobilités dans notre Communauté de Communes des Sources du Lac d’Annecy (CCSLA), arrive à son tour.

Notre véhicule repart direction Annecy où nous récupérons trois autres personnes : deux élus de la commune d’Annecy, également élus à la Communauté d’Agglomération du Grand Annecy – le Vice-Président aux Finances et le Vice-Président aux Mobilités, ainsi qu’une technicienne de la CCSLA en charge des mobilités, élue par ailleurs sur son lieu de vie à Thônes et à la Communauté de Communes de la Vallée de Thônes. Je participe à ce voyage d’étude, en tant que conseiller municipal élu à Doussard, membre de la commission « Mobilités » de la CCSLA.

Nous sommes en route pour Tomblaine dans l’agglomération de Nancy. Nous sommes attendus par les dirigeants de l’entreprise Urbanloop pour des échanges, une visite de l’entreprise et un essai de leur toute dernière capsule autonome électrique.

Pendant le trajet, nous profitons de cette expérience de covoiturage, pour faire plus ample connaissance, échanger sur nos mandats électifs, sur des projets ou dossiers en cours, …. Bien sûr, nous évoquons la perspective de ces fermetures de route pour l’automne, décidées par des élus du Conseil Départemental de Haute-Savoie, et toujours pas annoncées aux habitants à moins de trois mois du début des travaux. La rive Est du lac sera interdite à toute circulation (piétons, vélos, voitures, cars) entre Doussard (Glières) et Talloires (Balmette), 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, du 15 septembre au 15 décembre 2026.

Nous comprenons tous la nécessité de sécuriser la route du bord du lac, au pied de la montagne, mais nous restons très circonspects devant l’absence de dialogue et d’anticipation du Conseil Départemental, dont son Vice-Président aux Routes.

Évidemment, la perspective des difficultés accrues des déplacements sur la Rive Ouest, nous conforte dans l’intérêt de notre visite et déplacement du jour, et dans la nécessaire action pour avancer dans les solutions de transports en commun d’avenir…

À notre arrivée, nous sommes accueillis par la Directrice Générale, Noémie Bercoff, et le Président, Jean-Philippe Mangeot. Tout en déjeunant, nous échangeons sur l’histoire du projet lancé avec des étudiant.e.s de plusieurs écoles d’ingénieurs de Nancy, nous posons déjà des questions pratiques sur les véhicules autonomes, mais nous parlons aussi de l’entreprise, de ses projets, comme à Dunkerque, à Nancy ou encore à Abu Dhabi.

Et vient le moment de nous rendre dans le tout nouveau bâtiment de l’entreprise (en cours de finition) qui accueille l’entrepôt où sont assemblées les capsules. On y trouve également les bureaux et différentes installations pour la trentaine de salarié.e.s de la société.

Noémie Bercoff commente un diaporama qui reprend et illustre les différentes caractéristiques de cette solution de transport innovante :

  • Des capsules autonomes (de 4 à 12 places selon le projet) sans conducteur ;
  • Des véhicules électriques alimentés par un rail basse tension, sans batterie donc ;
  • Des véhicules légers (1 à 2 tonnes selon la taille) et à très faible consommation ;
  • Une construction modulaire, c’est-à-dire des circuits ou boucles de quelques kilomètres, avec une emprise au sol de 3 mètres en double sens. En effet les capsules ne mesurent que 1,20 m de large ;
  • Des stations d’attente en dérivation de la ligne principale, ce qui permet aux capsules d’aller directement à la station choisie par les passagers, sans s’arrêter aux stations intermédiaires ;
  • Un temps d’attente quasi nul, car des capsules sont stockées dans chaque station, prêtes à être utilisées.

Enfin, c’est l’instant tant attendu, celui de l’essai !

Visite de l'entreprise Urbanloop

Le véhicule dans lequel nous montons est le même que celui actuellement testé à Abu Dhabi. C’est un format 8 places pour 4 passagers assis et 4 debout. Sur la borne extérieure, nous appuyons sur le bouton de la station 2. Les portes de la capsule s’ouvrent, nous nous installons au son d’un message d’accueil diffusé par le haut-parleur de la capsule. Les portes se referment et après quelques secondes d’attente, le véhicule se met en route et accélère progressivement.

Nous parcourons une centaine de mètres, le véhicule ralenti. Le haut-parleur annonce notre arrêt. Les portes s’ouvrent puis se referment. La capsule repart ensuite dans l’autre sens, jusqu’à notre point de départ. La sensation est agréable, il y a peu de bruit et nous sommes confortablement installés.

Un peu plus loin, un autre véhicule autonome est en test sur le circuit d’essai. Un technicien de l’entreprise nous explique les différents systèmes installés dans la capsule et sur des poteaux permettant de sécuriser les zones de croisement avec les voies utilisées par des piétons, des cyclistes et des automobilistes : caméras, radars, détecteurs divers permettent d’activer des feux de signalisation et de ralentir la capsule ou de l’arrêter en urgence.

Visite de l'entreprise Urbanloop

De derniers échanges permettent à la directrice de l’entreprise de souligner la démarche industrielle d’Urbanloop, entreprise désireuse d’apporter des projets de déplacements collectifs en dialogue avec les territoires intéressés. Ainsi, les équipes d’Urbanloop proposent des études approfondies de la géographie et des contraintes du territoire concerné, pour une insertion optimisée des circuits, des stations et des petits bâtiments de maintenance. L’entreprise propose aussi des installations éphémères pour permettre aux habitants d’essayer les capsules. En quelques jours, une ligne d’une centaine de mètres peut être déployée, et une capsule automatisée mise en service.

Il est 17 heures passées, nous saluons nos hôtes et avant de remonter dans notre minibus, nous nous installons en cercle pour partager nos impressions et exprimer ce que nous retenons de la visite. La conviction est forte que ce système de transport pourrait être pleinement adapté à nos besoins de déplacements dans le Grand d’Annecy (Gare d’Annecy-Duingt en 22 minutes par l’ancienne voie ferrée, le tunnel de la Puya, puis les rives du lac) et pour notre territoire des Sources du Lac. Nous soulignons les qualités économiques, écologiques et urbanistiques de la solution Urbanloop et constatons un délai d’études et de construction beaucoup plus faible que celui nécessaire à la mise en œuvre d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS).

Nous reprenons la route avec à l’esprit ce qui nous attend, en tant qu’élus locaux : partager cette visite et cette conviction avec de nombreux habitants et avec d’autres élus. Et peu à peu, méthodiquement, obtenir les décisions, les votes, les budgets pour concrétiser ce projet de transport en commun du quotidien innovant, ici, dans notre territoire de vie.

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